La Belgique s’est fixé un cap ambitieux : réduire de moitié le nombre de morts et de blessés graves sur les routes d’ici 2030, avec l’objectif ultime du zéro victime à l’horizon 2050. Pour y parvenir, chaque Région déploie son propre plan de sécurité routière. Si la Flandre et la Wallonie partagent la même finalité, leurs stratégies diffèrent nettement.
Sur le papier, les deux Régions parlent le même langage : moins d’accidents, plus de sécurité, une meilleure acceptation des règles par les usagers. Mais dans la pratique, les leviers choisis ne sont pas identiques.
La Flandre mise sur la légitimité des règles et leur compréhension par les conducteurs
La Wallonie privilégie une présence accrue sur le terrain, avec davantage de contrôles ciblés
Cette différence d’approche n’est pas nouvelle. Depuis longtemps, la gestion des vitesses, la place des contrôles automatisés ou encore la formation des conducteurs varient fortement d’une région à l’autre. Les plans 2026–2030 confirment cette logique plutôt que de l’uniformiser.
Côté flamand, le nouveau plan s’attaque à un point sensible : la perception des contrôles de vitesse. Les radars tronçons, très répandus, sont souvent critiqués pour leur dimension perçue comme punitive.
retour des panneaux annonçant les radars tronçons
exclusion de toute logique de rentabilité privée
évaluation régulière du ressenti des usagers via des enquêtes
La formation n’est pas oubliée. Le “terugkommoment”, cette session obligatoire après l’obtention du permis B, évolue :
intervention de témoins d’accidents et d’associations de victimes
adaptation de la formation des accompagnateurs de conducteurs novices
Côté infrastructures :
300 millions € par an pour les pistes cyclables
renforcement du Fonds vélo pour les communes
attention particulière aux trottinettes électriques, avec une volonté de faciliter les contrôles à l’échelle européenne
Le plan wallon 2026–2030 s’inscrit dans la continuité des États généraux de la sécurité routière. Ici, l’accent est mis sur la cohérence du réseau routier et sur la visibilité policière.
hiérarchisation claire des voiries
vitesses dynamiques adaptées au trafic et aux conditions
sécurisation renforcée :
traversées piétonnes
trajets scolaires
zones accidentogènes
Le marqueur le plus fort reste toutefois le renforcement des contrôles :
présence policière accrue aux moments et lieux à risque
focalisation sur les facteurs aggravants :
vitesse
alcool
distraction (smartphone)
déploiement de nouveaux dispositifs de contrôle de vitesse
Cette approche suppose évidemment des moyens humains et matériels suffisants, un point régulièrement soulevé par les acteurs de terrain.
🔗 Pour le cadre institutionnel général, voir les informations du SPF Mobilité.
Ces plans montrent que la sécurité routière ne repose pas uniquement sur la sanction. Comprendre les règles, accepter leur logique et adapter son comportement restent les clés d’une conduite sûre, quel que soit l’endroit où l’on circule en Belgique.