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Téléphone au volant : la Belgique prépare l’arrivée des caméras intelligentes

La lutte contre la distraction au volant s’apprête à entrer dans une nouvelle phase en Belgique. Le gouvernement fédéral travaille actuellement à un cadre légal permettant l’utilisation de caméras intelligentes capables de détecter automatiquement l’usage du téléphone en conduisant. Une évolution technologique majeure… qui pose aussi des questions juridiques et sociétales.

🚦 Sécurité routière : un durcissement assumé

Depuis son entrée en fonction, le gouvernement fédéral a placé la sécurité routière au cœur de son action. Les mesures se sont multipliées ces derniers mois :

  • suppression des marges de tolérance pour les excès de vitesse

  • fin des quotas de verbalisation

  • création d’un fichier centralisé des infractions, baptisé Mercurius, permettant un suivi des récidivistes

  • introduction de nouvelles notions pénales, comme l’homicide routier

  • projet de permis numérique et réflexion persistante sur un permis à points

Dans ce contexte, la distraction au volant est clairement identifiée comme une priorité. Les campagnes de contrôles « coup de poing » se multiplient… mais les autorités estiment désormais que les moyens humains ne suffisent plus.

📱 Pourquoi cibler le téléphone au volant par la technologie ?

Les chiffres sont sans appel. Les études récentes montrent que :

  • 1 conducteur belge sur 4 lit ou envoie des messages en roulant

  • 1 sur 8 téléphone encore appareil en main

  • 10 % participent à des réunions professionnelles en conduisant

  • 6 % regardent des vidéos ou des séries au volant

Or, détourner le regard de la route pendant plus de deux secondes multiplie par sept le risque d’accident.

D’un point de vue technique, la solution existe déjà. Des tests menés par le VIAS dès 2020 ont démontré l’efficacité de caméras capables d’identifier ces comportements. Depuis lors, l’intelligence artificielle a encore gagné en précision, rendant la détection plus fiable et moins intrusive.

⚖️ Un cadre légal en préparation, un calendrier encore flou

Jusqu’ici, un obstacle majeur empêchait l’utilisation de ces caméras : la protection des données personnelles. Le respect du RGPD rendait l’exploitation automatique juridiquement délicate.

Mais la situation évolue. Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, a confirmé qu’un groupe de travail interministeriel (Mobilité, Justice, Intérieur) serait lancé dès mars 2026 afin de préparer les adaptations législatives nécessaires. Objectif :
👉 autoriser l’usage des caméras intelligentes tout en garantissant le respect de la vie privée.

La Belgique n’est d’ailleurs pas pionnière :

  • aux Pays-Bas, ces caméras sont déjà utilisées (amende de 430 €)

  • l’Allemagne étudie des dispositifs similaires

  • la France prévoit d’intégrer la détection du GSM dans ses nouveaux radars

En Belgique, l’infraction reste actuellement sanctionnée par une amende de 174 €, majorée de frais administratifs, avec parfois un retrait immédiat du permis pour 15 jours selon les provinces.

Quant au calendrier ? Même si la technologie est prête, le processus législatif prendra du temps. Entre les avis du Conseil d’État et de l’Autorité de protection des données, une mise en œuvre à l’horizon de deux ans semble réaliste.

🚗 Point auto-école

Conduire sans permis n’est jamais une infraction « mineure ». Cette réforme rappelle que le droit de conduire est un privilège, conditionné au respect strict des règles. Pour les futurs conducteurs, c’est aussi un message clair : la récidive entraîne désormais des conséquences immédiates et lourdes.