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Routes belges après l’hiver : pourquoi les dégâts explosent… et qui va payer la facture ?

Chaque hiver laisse les routes belges un peu plus fragilisées. Nids-de-poule, fissures profondes, affaissements soudains : inutile d’attendre le printemps pour constater l’ampleur des dégâts. Mais au-delà du constat visuel, une question revient avec insistance : les moyens financiers suivront-ils pour réparer durablement le réseau routier ?

❄️ Pourquoi l’hiver abîme autant les routes ?

Le mécanisme est bien connu des ingénieurs, mais souvent sous-estimé par les automobilistes. Lorsqu’il gèle :

  • l’eau s’infiltre dans les microfissures de l’asphalte

  • en gelant, elle se dilate

  • la pression fait éclater la couche supérieure du revêtement

Résultat :

  • apparition rapide de nids-de-poule parfois profonds de 10 à 15 cm

  • dégâts fréquents sur les véhicules (pneus, jantes, suspensions)

Contrairement aux idées reçues, le sel de déneigement n’est pas le principal responsable des dégradations de chaussée. Il retarde même parfois le gel. En revanche, il reste agressif pour les carrosseries et les éléments métalliques des véhicules.

Le vrai problème est ailleurs : le manque d’entretien préventif.
Lorsque les fissures ne sont pas colmatées à temps, l’hiver fait le reste.

🛣️ Un réseau sous-financé depuis des années

Toutes les couches d’une route ne sont pas touchées de la même manière. Dans la majorité des cas :

  • seule la couche de roulement est endommagée

  • elle devrait être rénovée tous les 10 à 15 ans

  • or, ces rénovations sont régulièrement reportées

Quelques chiffres parlants :

  • en Flandre, les besoins pour les infrastructures routières sont estimés à près de 10 milliards d’euros

  • en Wallonie, le plan 2019–2024 ne prévoyait qu’environ 1,5 milliard d’euros

  • les communes, responsables de nombreuses voiries secondaires, sont souvent les plus démunies

👉 Plus les réparations sont retardées, plus les coûts explosent. Une simple fissure non traitée peut se transformer en chantier lourd quelques années plus tard.

💶 Qui doit financer les réparations ? Le débat est relancé

Pour des organisations de défense des automobilistes comme Touring, la solution est claire :

réinvestir davantage des recettes liées à la mobilité dans l’entretien des routes.

Car les montants en jeu sont considérables :

  • en 2023, les accises sur les carburants ont rapporté 5,9 milliards d’euros

  • selon FEBIAC,
    l’ensemble des contributions automobiles (taxes, amendes, accises) représenterait plus de 21 milliards d’euros par an

Bien sûr, il n’est pas réaliste de consacrer 100 % de ces recettes aux routes :
l’État doit aussi financer la santé, l’enseignement ou la sécurité sociale.

👉 Mais le consensus grandit sur un point :
le niveau actuel d’investissement ne garantit plus une sécurité suffisante pour les usagers.

🔗 Pour les compétences et politiques d’infrastructures, voir le cadre du SPF Mobilité.

🚗 Conseil auto-école

Une chaussée dégradée augmente les distances de freinage, réduit l’adhérence et multiplie les risques de perte de contrôle. Adapter sa vitesse et anticiper l’état de la route font partie des réflexes essentiels enseignés en formation à la conduite.